Comment faire pour que les mauvais élèves se comportent comme les bons ?

Voici un titre bien réducteur, non ?

Même si nous nous en défendons, nous avons tous tendance à classer nos étudiants en « catégories ». C’est humain… Et nos élèves font de même : il y a les « bons » profs d’un côté et les « mauvais » profs.

Voila une série de vidéos, en anglais, sous-titrée en français, découverte grace au Mooc e-learn². C’est une illustration de la theorie de Biggs, en vidéo, présentant l’attitude et le comportement de Suzan, la bonne élève et de Robert, le « touriste ». Elles m’ont éclairée sur la manière de « fonctionner » de nos « bons et « mauvais » élèves, mais aussi des « bons » et « mauvais » professeurs. Vous pensez que c’est un point de vue réducteur ? Regardez cette série de 3 vidéos (19 minutes en tout). En image, c’est tellement plus parlant !

Et pour ceux qui n’ont pas 19 minutes, j’ai résumé les idées essentielles, à la fin de cette page…

Vidéo 1 :

Vidéo 2 :

Vidéo 3 :

Résumé des 3 vidéos

1 Apprendre :

Au travers de l’exemple de Suzan et de Robert, la vidéo présente le comportement de 2 étudiants, l’un engagé dans un apprentissage approfondi  (on ne pourrais pas empécher Suzan d’apprendre, même si on le voulait : c’est la « bonne élève » par définition), l’autre, Robert, engagé dans un apprentissage superficiel. Son objectif est d’obtenir son diplôme, pour avoir un bon travail, tout en fournissant le minimum d’effort.

Du point de vue du professeur, la classification est simple : il y a les bons et les mauvais élèves. Avec le nombre croissant de jeunes accédant à l’Université, il y a maintenant, dans les amphis, plus de « Robert » que de « Suzan », d’où une remise en questions nécessaire des méthodes d’enseignement.

2 Enseigner

Biggs présente 3 niveaux d’enseignement

  • Niveau 1 : le professeur classifie les étudiants : d’un côté les bons de l’autre les mauvais. Si les étudiants n’apprennent pas, cela vient d’eux.
  • Niveau 2 : le professeur se concentre sur l’activité de l’enseignant. L’attention est portée au contenu transmis par l’enseignant ce qui rend les étudiants passifs.

Pour les étudiants, il y a les bons profs et les mauvais. L’enseignant de niveau 2 essaiera de s’inscrire dans la catégorie des « bons » quitte à transformer ses cours en « distraction » (« entertainement »). Ceci plait aux étudiants, mais est insuffisant pour l’apprentissage.

  • Niveau 3 : L’enseigant se concentre avant tout sur ce que fait l’étudiant avant, pendant, après. Il va provoquer l’action de l’apprenant par différentes activités, pour favoriser l’apprentissage.

Pour rire un peu : un cours « entertainement » à l’américaine, toujours découvert aussi grace à elearn² (durée : 1’30)

3 Comprendre

La compréhension d’une nouvelle connaissance se fait par association entre ancienne information connue, et nouvelle information. (la vidéo propose un test sur les chiffres, très éclairant sur ce processus)

Les connaissances sont édifiées lors de l’activité d’apprentissage : c’est ce que l’apprenant fait quand il apprend qui construit le savoir, pas ce que le professeur fait.

Il y a 5 niveaux de compréhension :

  • Niveau 1 : pré-structurel : l’étudiant ne comprend pas (laisse passer les éléments essentiels)
  • Niveau 2 : uni-structurel : 1 seul niveau de compréhension
  • Niveau 3 : multi-structurel : l’étudiant connait plusieurs points mais de manière indépendante (classifier, énumérer…)
  • Niveau 4 : relationnel : l’étudiant sait relier les différents composants
  • Niveau 5 : niveau abstrait : L’étudiant est capable de généralisation, de formulation d’hypothèse ou de nouvelles théories…

4 et 5 : compréhension profonde. C’est le cas de Suzan.

2 à 3 : compréhension superficielle. On retrouve ici Robert.

4 La solution !

La theorie de Biggs : l’alignement constructiviste

La solution consiste à annoncer les objectifs d’apprentissage, et faire en sorte que les examens les mesure précisément. Il faut aussi le dire aux apprenants et choisir les activités pour qu’ils puissent s’entraîner à atteindre ces objectifs.

L’idée est d’aligner l’intention de l’enseignant, l’activité de l’apprenant et l’évaluation finale.

Les étudiants comme Robert se concentrent généralement sur ce qui leur sera demandé à l’examen (« gérer l’examen »). L’alignement les conduit à se comporter comme le fait Suzan…

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