E-learning, quand l’ordinateur remplacera le prof…

Mercredi, je me suis rendue au salon du e-learning, Porte de Versaille, à Paris.
Salon extrèment interessant, qui permet de mettre en lumière le fossé qui s’installe entre nos pratiques pédagogiques en classe, et l’avenir de la formation.
1ière constatation rassurante : les experts rencontrés sur le salon s’accordent tous, le e-learning ne remplacera pas le présentiel où un formateur/professeur intervient, et ce pour plusieurs raisons :

1 Le niveau d’expertise de l’apprenant ne permet pas toujours l’apprentissage en autonomie

Le e-learning est un outil efficace si la personne dispose  de pré-recquis, et d’un recul professionnel lui permettant de comprendre et d’intégrer les notions dans sa pratique quotidienne.
Pour ce qui est de nos étudiants, n’ayant peu ou jamais travaillé en entreprise, il nous appartient,à nous professeurs, de donner du sens, présenter un contexte, d’expliquer la pratique professionnelle…

2 La solitude face l’écran incite très vite au décrochage

Forte est la tentation de zapper : et hop,je vais voir ma boite mail, je vais chercher un petit gâteau… Nous le rencontrons déjà, en classe lors de TD en salle info. La vigilance est de mise pour s’assurer que les élèves réalisent bien le travail demandé. En e-learning, des solutions existent comme la scénarisation du parcours de formation, créant du suspens, des rebondissements (un peu comme pour un film au cinéma). Certaines activités peuvent être chronométrées et réalisées en temps limité.
Pourtant, pour une formation longue, la lassitude risque de s’installer , et le « coaching » d’un formateur s’avère nécessaire (si ce n’est l’autorité d’un professeur !). Aussi, de nouvelles formes d’accompagnement à distance apparaissent : le tutorat, la classe virtuelle,le suivi par e-mail ou réseaux sociaux…

Autant de pratiques très éloignées de notre quotidien, qu’il nous faudra probablement intégrer dans les années à venir.

3 Certaintes compétences ne s’acquièrent pas simplement derrière un écran

Il faut pratiquer, s’entrainer… et c’est là que le présentiel est nécessaire. Les entreprises pratiquant le blended learning (mélange de formation à distance et de présentiel), réservent le présentiel pour la mise en pratique, la théorie étant auparavant intégrée en e-learning.

4 Le contact humain, l’effet de groupe, l’affectif joue un rôle important dans l’acquisition de compétences.

Des alternatives existent ici aussi, comme par exemple, les classes virtuelles et le travail collaboratif entre les apprenants, via outils Google Apps, les communications en visio-conférences via Skype.

5 Le e-learning peut convenir aux visuels et auditifs, mais il met de côté les kinesthésiques.

Souvent, les modules e-learning consistent en une série d’écrans, où l’on trouve du texte, des schémas, des images et qui sont commentés par une voix. Ces séquences de transfert de connaissance sont suivies de quizz, d’exercices permettant d’évaluer la mémorisation et de proposer de la remédiation automatiquement (réponse fausse=explication complémentaire visuelle et auditive).Ces conditions d’apprentissage ne peuvent convenir aux kinesthésiques.

Les serious game en 3D, voire  en réalité augmenté, permettent la mise en pratique, en simulant des situations  réelles. Mais, vu leur coût, leur généralisation n’est pas pour tout de suite..

Donc, rassurons-nous, nous, professeurs, ne sommes pas encore obsolêtes et prêts pour la casse, remplacés par les machines…
Les formations en présentiel font partie de l’arsenal de formation et permettent indéniablement d’en assurer l’efficacité. C’est l’opinion de la majorité des grands acteurs du e-learning, présents sur le salon.

Voilà pourquoi la tendance est au Blended Learning, dont voici un exemple de déroulé :

  • Un test de positionnement permettant  de sélectionner les modules de formation adaptés au niveau de l’apprenant(pédagogie différenciée) et de lui démontrer que la formation peut lui être utile.
  • Le transfert des connaissances en e-learning,avec éventuellement un test sous forme de quizz permettant de donner l’accès à la phase 3
  • De la formation en présentiel visant à développer les savoir- faire : jeux de rôle, étude de cas concret,échange entre les apprenants, réponees aux questions..
  • Une évaluation de l’acquisition des compétences par un sérious game, par exemple
  • Rappel/mise à jour des connaissances par rapid learning.

Collègues enseigants : pensez-vous que nous puissions intégrer ces techniques dans nos enseignements ?

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